VIE DE FAMILLE – Quand on parle de l’importance du cadre, c’est quoi?

2022-05-02

lespsytrucs

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Comme c’est mon début comme rédacteur pour Les Psy Trucs et j’me suis dit que j’allais commencer par le commencement. Aujourd’hui je voulais vous parler d’une des bases pour moi en coaching : le cadre familial.

Je vous mets en contexte : on est mercredi, il est 17h, vous arrivez d’aller chercher les enfants à l’école ou la garderie. Vous avez votre journée dans le corps comme on dit et Petit-Poux vous « tire du jus ». Vous êtes fatigué de votre journée, devez faire le souper, donner le bain, les lunches du lendemain et avez pas envie de faire de discipline, vous voulez que les enfants « se gèrent » et avoir un peu de paix intérieur (Namaste).

Petit-Poux, lui, a aussi sa journée dans le corps. Il a écouté les règles toute la journée à la garderie/école et est littéralement brulé. Il fait donc une énorme crise, pleure, fait le bacon.

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Cette petite mise en situation montre la routine de bien des familles au Québec. Combien de parents n’ont pas vécu cela au moins une fois cette semaine? On s’entend, ces situations sont inhérentes à la vie familiale. Pourtant, combien de parents nomment aussi être à bout de ressources ou encore, questionnent ce qui serait idéal de faire dans ce genre de situation? 

L’idée aujourd’hui n’est pas d’augmenter votre liste de tâches et de responsabilités, mais bien au contraire de vous donner des psy trucs (haha) pour en enlever et alléger votre quotidien. 

Depuis le début de ma pratique en coaching parental, les concepts du cadre parental et familial sont souvent la base sur laquelle je m’attarde en tout premier lieu. Le cadre ce n’est pas juste la chose qu’on accroche sur un mur pour faire cute acheté au Bouclair, c’est ce qu’on fait comme règle dans la maison pour que l’enfant se sente en sécurité. Ce sont toutes ces choses que nous faisons pour que l’enfant sache quelles règles respecter et quelles limites à ne pas dépasser. Plus le cadre est précis, constant et cohérent, plus Petit-Poux sera apaisé, car il sait à quoi s’en tenir. Il agira donc en cohérence avec ses sentiments apaisants, c’est-à-dire avec calme, discipline et collaboration. On s’entend, c’est ce qu’on souhaite le plus en arrivant à la maison à 16h00, les mains pleines de sacs et à la course pour faire le souper!

Dans sa tête, si papa et maman ne sont pas toujours cohérents dans leur cadre parental, c’est difficile pour lui de savoir à quoi s’en tenir. Plus particulièrement, petit-poux pourrait se dire :

  « Mes parents veulent que je me couche à 20h, mais j’ai négocié à l’infini et il est rendu 21h, je suis encore au salon à jouer, donc … PARTY C’EST MOI LE BOSS. La prochaine fois que je veux me coucher tard, je sais quoi faire! ».

Nancy Doyon, de l’école de Coaching Familial SOS Nancy, ne cesse de répéter qu’un enfant c’est un très bon comptable. Il sait quoi faire et dire pour gagner des points et négocier. Il sait aller chercher nos points faibles pour négocier. 

Le truc est de maintenir le cadre à 100% du temps tout en étant ferme, mais surtout bienveillant et chaleureux. Je sais que ça peut sembler impossible. Pour s’aider, il peut être judicieux de faire un « Trump (Donald, de son prénom) » de nous! Trump ne s’excuse pas, Trump ne donne pas d’explications superflus (il n’en donne pas du tout parfois!). Trump ne demande pas, il exige. Trump ne tolère pas de délais. Trump ne tolère pas que les choses soient à moitié faites. Ceci dit, Trump manque de chaleur humaine… et c’est pourquoi nous allons seulement s’inspirer de lui  pour consolider notre posture parentale. D’ailleurs, pour les parents inquiets de devenir « trop » ou « comme dans l’armée » à la maison : n’ayez crainte! On ne peut devenir Donald Trump quand fondamentalement, on est une Mère Térésa! Les parents qui ont souvent de la difficulté à mettre le cadre sont, habituellement, des parents très aimants qui culpabilisent à l’idée de déplaire à leur enfant. Il y a très peu de chances que ces mêmes parents deviennent des bourreaux – ils n’ont pas ce qu’il faut dans leur coeur pour en devenir véritablement un (yes!).

Comme pour tout employé de Trump, on présume, le changement radical de régime à la maison (blanche! haha) va susciter des réactions. Dans le cas de votre enfant, il se peut que les crises augmentent temporairement, qu’il soit d’autant plus démotivé ou turbulant. Cette période de transition est courte! Courage! Par la suite, cela sera plus sécurisant pour lui et vous aurez beaucoup plus de paix d’esprit et de moment de douceur, je vous garantis. Si vous laissez tomber le cadre ou les règles établit, que vous flancher, c’est à recommencer à 0.

Donc on se rappelle les mots d’ordres, : constance et cohérence.

Notez bien, mettre un cadre, ce n’est pas de faire l’armée, mais bien de mettre un cadre clair qui pourra le sécuriser dans son fonctionnement, pour son bien et sa santé. Quand le cadre sera solide et bien comprit par l’enfant, c’est par la suite qu’on peut instaurer des exceptions.

Donc mettons qu’on résume tout ça :

  1. Décider au préalable des règles à la maison qui font le plus de sens pour vous et le bon fonctionnement de votre enfant (un souper en amoureux avec une petite coupe de vin pour discuter de cela, SANS LES ENFANTS, est souvent judicieux).
  2. Présenter et appliquer le cadre à Petit-Poux. (Il va réagir au début, c’est normal, continuer le sans flancher).
  3. Répéter 100% du temps avec chaleur et bienveillance.
  4. Profiter des beaux moments avec Petit-Poux.

C’est après tout ça que vous pourrez enfin dire Namaste en buvant votre tisane camomille.

Au plaisir! 

Peter-Laurie Webb, Technicien en éducation spécialisé et Coach Familial.

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